
Bruno Le Maire (Sipa)
Le ministre de l'Agriculture
Bruno Le Maire, qui recevait samedi 19 septembre les principales organisations syndicales pour évoquer la
crise du secteur du lait frappé
par la chute des prix, a tenté de se montrer rassurant en promettant à
ses interlocuteurs une "nouvelle régulation européenne" pour garantir
un revenu stable aux producteurs.
La régulation est nécessaire
Affirmant se battre pour "mettre en place une
nouvelle régulation en inversant cette tendance à la dérégulation", le ministre a expliqué qu'il était "
difficile de faire revenir 27 Etats membres (et) la Commission européenne sur des choix politiques essentiels et définitifs qui ont été faits il y a plusieurs années".
"Mais c'est nécessaire", a-t-il souligné à l'issue de cette rencontre à laquelle participaient des représentants de la
FNSEA, du
CNJA, de
la Confédération paysanne et de la Coordination rurale. "Nous devons
bâtir cette nouvelle régulation européenne du marché du lait qui sera
le prélude à la construction d'une nouvelle régulation européenne des
marchés agricoles."
"Choqué" par tout ce lait perdu mais compréhensif
"Vous le voyez, la discussion est ouverte à tous les échelons,
national et européen",
a-t-il poursuivi, notant qu'il verrait "à nouveau l'interprofession
laitière la semaine prochaine pour essayer de progresser sur nos
propositions".
"L'objectif est clair: c'est celui d'une nouvelle régulation européenne du marché du lait qui garantisse un
revenu stable aux producteurs de lait en France comme dans le reste des pays européens", a-t-il conclu.
Le ministre se déclarait vendredi "Choqué" par tout ce lait perdu, tout en comprenant le "
désespoir" des éleveurs.
Journée blanche
La "journée blanche" organisée vendredi en France a connu un point d'orgue avec le déversement en début d'après-midi de
deux à trois millions de litres de lait,
selon les sources, par des agriculteurs en colère sur la commune
d'Ardevon (Manche), avec le Mont Saint-Michel en toile de fond.
Cette nouvelle journée de protestation a été organisée par
l'Association des producteurs de lait indépendants (APLI) et
l'Organisation des producteurs de lait (OPL) pour exiger un
relèvement du prix payé aux éleveurs et une réduction de 5% des quotas a donné lieu à des manifestations dans plusieurs autres départements, mais aussi en Allemagne et aux Pays-Bas.
On indiquait de source policière qu'entre 10 et 11 millions de litres
avaient été déversés en milieu d'après-midi sur le territoire français.
"Intoxication scandaleuse"
Selon Bruno Le Maire, la baisse d'approvisionnement des industriels du fait de la grève est "
de l'ordre de 10%". "Intoxication scandaleuse!", a réagi Pascal Massol, selon qui "entre
40% et 50%" des producteurs suivent le mot d'ordre de
son organisation. "J'espère que nous n'aurons pas à radicaliser le
mouvement", a-t-il prévenu. Les syndicats ont mis en garde le ministre,
affirmant avoir peur d'être débordés par leur base.
Jean-Michel Lemétayer, le président de la Fédération
nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA), qui est
totalement opposé à la "grève du lait", a de son côté dénoncé sur
Europe-1 la "
politique ultra-libérale" conduite par la
commissaire européenne à l'Agriculture Mariann Fisher Boel. Il a
exhorté José Manuel Barroso, réélu à la tête de la Commission
européenne, à nommer "un ou une autre commissaire" ayant "une autre vue
de la politique agricole".
Mariann Fischer Boel a proposé jeudi une série de
mesures permettant aux Etats membres de l'Union européenne de venir en
aide à leurs producteurs, mais elle reste
opposée à toute intervention sur les quotas, dont la disparition est programmée pour 2015.
(Nouvelobs.com avec AP)