
Soldats britanniques dans la province de Helmand (Reuters)
Le président Nicolas Sarkozy a exprimé vendredi 4 septembre sa "
grande émotion",
après la mort d'un soldat français en Afghanistan. Il a condamné "avec
force cette violence aveugle" et réaffirmé"la détermination de la
France à continuer d'oeuvrer au rétablissement de la paix et au
développement en Afghanistan".
"Ce nouveau sacrifice n'est pas vain", a déclaré pour sa part le ministre de la Défense, Hervé Morin.
"Nous ne devons pas baisser les bras (...) au prétexte que cette
mission est difficile", a-t-il pousuivi, affirmant qu'"abandonner les Afghans au chaos et à la tyrannie ne serait pas une erreur mais une faute".
Le Parti socialiste a demandé une "réflexion nationale" sur "l'objectif
et le bilan" de l'engagement de la France en Afghanistan, en se disant
"profondément attristé" par le décès du soldat.
30 soldats français morts en Afghanistan
Un soldat français de 24 ans a été
tué vendredi dans l'est de l'Afghanistan et
neuf autres blessés,
dont quatre grièvement, par l'explosion sous leur blindé de l'une de
ces bombes artisanales devenues la première cause de mortalité et la
grande hantise des soldats de la coalition.
Le caporal Johan Naguin, natif de La Réunion, s'était engagé au 3e
Régiment d'infanterie de Marine (3e RIMa) de Vannes (Morbihan) en 2005.
Il était marié et père d'un enfant d'un an et demi, a précisé l'armée
de terre dans un communiqué.
Son décès porte à 30 le nombre de soldats français morts en Afghanistan depuis le déploiement du contingent français fin 2001.
A Kaboul, le lieutenant-colonel Nicolas Engelbach, porte-parole de
l'armée française en Afghanistan, a précisé que le pronostic vital
était engagé pour deux des blessés, dont certains seront évacués vers
l'Europe.
Embuscade
Cette attaque est survenue un peu plus d'un an après une embuscade
tendue le 18 août 2008 par des insurgés à Uzbeen (est), dans laquelle
dix soldats français avaient été tués.
Selon l'état-major des armées à Paris, l'explosion s'est produite vers
07H00 locales (02H30 GMT), à mi-chemin entre la base française de
Nijrab (50 km au nord-est de Kaboul) et la grande base américaine de
Bagram (50 km au nord de Kaboul).
"Une section d'infanterie ainsi que des éléments du génie, soit une
cinquantaine d'hommes, étaient allés reconnaître une route pour assurer
la sécurité d'un convoi logistique lorsque l'explosion s'est produite",
a déclaré l'amiral Christophe Prazuck, de l'état-major.
"L'explosion d'un IED (Improvised Explosive Device, bombe artisanale,
ndlr) a atteint l'un des sept véhicules de l'avant blindés" (VAB,
transport de troupes), a-t-il expliqué.
Selon lui, "les neuf blessés, dont quatre sont dans un état grave, ont été transportés par hélicoptère vers Bagram et Kaboul".
"C'est une seule charge qui a explosé, mais elle a atteint les
munitions qui étaient à bord, ce qui explique le nombre élevé de
victimes", a précisé le lieutenant-colonel Engelbach.
315 soldats étrangers morts
Depuis le début de l'année,
315 soldats étrangers ont perdu la vie en Afghanistan, la plupart tués par des IED, selon un décompte de l'AFP.
Le secrétaire américain à la Défense, Robert Gates, a promis lundi
davantage de "moyens de surveillance et de reconnaissance" pour lutter
contre cette menace responsable de la mort de 90% des soldats
américains tués en août.
En huit mois, 2009 est déjà l'
année la plus meurtrière
pour les forces internationales depuis leur arrivée en Afghanistan fin
2001, lorsqu'une coalition internationale menée par les Etats-Unis
avait chassé les talibans du pouvoir.
Le 3e RIMa avait déjà perdu l'un des siens le 1er août, le caporal-chef Anthony Bodin, âgé de 22 ans.
Quelque
3.700 militaires français sont engagés dans le conflit afghan.
(Nouvelobs.com)